POURQUOI JE COURS ?

POURQUOI JE COURS ?

Je fais simplement partie des 13,5 millions des gens qui courent, donc : des 27% des français.e. s de plus de 18 ans, et donc des 57% des 27% à avoir plus de 45 ans, et donc des 49% de femmes des 27% !

Rien d’extraordinaire à cela ! Phénomène de mode, de consommation me direz-vous !? 

Les chiffres de ce marché sont éloquents : 12 à 16 millions de pratiquants selon différentes sources, un marché de 850 millions (dont 500 millions pour les chaussures) en 2019, deux fois plus que le football !

Une étude sur le running datant de 2017 : 

https://www.filieresport.com/wp-content/uploads/2017/04/Filièresport-n°47-Dossier-Running-chiffres.pdf  

nous révèle quelles sont les raisons qui poussent les gens à courir :

69% Pour la santé 

31% Pour la détente, se changer les idées 

30% Pour le contact avec la nature, les paysages 

27% Pour soigner son apparence physique (poids, silhouette) 

19% Pour le dépassement de soi 

Et là aussi je peux dire que je suis complètement dans les statistiques, je dirais qu’un mix de toutes ses raisons me font chausser mes baskets !

MAIS, je pense que chaque individu a sa propre raison de commencer un jour la course à pied, chaque personne a sa propre histoire de vie autour de la course à pied ! Alors voici mon histoire : 

Avoir 50 ans, cela m’est tombé dessus, je ne sais pas le dire autrement, c’est comme un seuil fatidique ! Je n’ai pas pu m’empêcher de passer ce cap en me disant que j’allais devenir, moche vieille et en mauvaise santé – (ce qui veut dire que dans ma tête, je n’ai pas d’image positive d’une femme de cet âge, le conditionnement sociétal y est-il pour quelque chose ? J’en parlerai dans un prochain article portant justement sur l’invisibilité des femmes passées 50 ans, et vous, quelle représentation avez-vous des femmes aujourd’hui de plus de 50 ans, à part une image de mère, de grand-mère, de retraitée… ?) – et je pense surtout qu’inconsciemment j’ai eu peur de voir la fin de ma vie venir très rapidement vu que mes parents eux ne sont pas allés très loin au-delà de la cinquantaine ! 

Comme je l’ai dit dans mon article « 50 ans, âge positive» http://untoutautreregard.fr/50-ans-age-positive/, une urgence de vivre m’est venue.

J’ai recommencé à nager (de plus en plus et le plus souvent possible), j’ai voulu apprendre à danser (danse contemporaine) sans succès et je me suis dit, pourquoi ne pas courir, faut dire que j’étais très influencée par mon amoureux, coureur de longue date et de longues distances…

J’ai commencé à courir très simplement avec de vieilles chaussures, un vieux jogging et sans programme et sans objectif particulier ! J’avais la chance d’habiter à côté de deux petits sentiers pédestres (non plats et plutôt en forêt) que j’ai commencé à suivre, le plus petit d’abord et puis le plus grand et puis les mêmes plusieurs fois de suite pour allonger la distance parcourue. Au tout début je trouvais cela difficile et j’étais très vite essoufflée et puis petit à petit, le besoin d’en faire plus à chaque fois est venu. Le seul programme que j’ai suivi a été de suivre mes sensations. Je courais sans montre, ni téléphone,  seulement mes sensations, mes perceptions et une estimation vague des distances parcourues. 

Mon amoureux coureur et explorateur, m’a fait découvrir très vite d’autres circuits toujours en partant en courant, de ma maison ! Et c’est ainsi que les distances parcourues ont augmenté ! Aujourd’hui selon la forme et mon envie, je peux courir sur 8 à 16 km plutôt en moyenne montagne sur des parcours variés. Pour ceux qui ont envie d’en savoir plus, en fait j’ai la chance d’habiter dans le beau département de l’Ariège http://www.ariegepyrenees.com, à Foix. Et depuis mon domicile, en courant je vais au Pas du Facteur au-dessus du village d’Arabaux, ou au Pech de Foix avec de multiples variantes ou au Saint Sauveur ou ….

Et c’est là que la magie de la course à pied a opérée, voilà ce que je vis et ai vécu en pratiquant la course à pied :

  • Me reconnecter à mon corps et à mes sensations
  • Ressentir du bien-être et un plaisir énorme lorsque je suis en hauteur et bénéficie de magnifiques panoramas ou points de vue.
  • Ressentir profondément de la joie, de la légèreté, de la puissance, de la liberté, j’ai l’impression parfois que le monde m’appartient !
  • Me sentir en contact avec la terre, le ciel, la nature, les animaux, la vie ! 
  • De ne pas suivre forcément, les chemins tracés et donc de ressentir le plaisir d’explorer, de découvrir et donc
  • D’améliorer ma capacité à m’orienter (et ça, c’est une grosse avancée chez moi !) et donc
  • D’acquérir une confiance en moi, en mes capacités physiques, mentales, d’orientation….
  • De m’apaiser, de stabiliser mon humeur en me permettant de dépenser mon énergie
  • De m’extraire du monde, de couper avec le rythme parfois trop effréné de ma vie trop remplie
  • De méditer, le corps fonctionne mais l’esprit peut être libre, dégagé
  • De me confronter à ma volonté, de me dépasser (toutes proportions gardées car je ne fais pas de l’ultra trail !)
  • De me muscler, de perdre du poids, d’aimer mon corps, de réguler mon appétit 
  • De transformer mon rapport à la distance, de sentir que je peux simplement avec mon corps et rien d’autre parcourir de la distance, découvrir des lieux…
  • De m’extraire du temps car courir ne veut pas dire pour moi faire une performance à tout prix ! Mais m’autoriser en courant de m’arrêter pour écouter quelques bruissements dans l’espoir de voir des animaux ou oiseaux, d’observer des fleurs, regarder les papillons ou tout simplement m’allonger et m’offrir nue aux éléments, le soleil, le vent quand bien sûr les conditions le permettent !
  • En vivant tout cela, j’ai découvert aussi que la course à pied est devenue pour moi ma meilleure crème de beauté ! Quand je reviens de la course à pied inutile de vous dire que je suis radieuse, le stress sur mon visage s’est effacé, mes traits sont détendus, mon teint est rose, (ou rouge selon les efforts !), une certaine lumière m’habite. En fait pour tout vous dire, j’ai deux crèmes de beauté très efficaces, la course à pied et faire l’amour, effets lisseurs et anti-rides garantis !
  • J’aime la simplicité, l’authenticité, la course à pied l’est pour moi. Aujourd’hui je cours toujours avec un vieux short et un vieux teeshirt et sans autre équipement particulier,  par contre je fais attention de choisir des chaussures adaptées et je prends maintenant mon téléphone qui me permet d’évaluer approximativement la distance parcourue du jour, mais je ne regarde pas trop le temps passé, pour l’instant d’augmenter les distances, aller plus vite ne m’intéressent pas forcément car la course à pied c’est mon moment plaisir, mon moment de liberté hors du temps !

Juste quelques anecdotes concernant les animaux, quand je cours, Il est assez courant d’en voir et cela me remplit toujours de joie et d’émotions, je vois régulièrement des biches, des renards, des sangliers mais je n’ai pas la chance qu’a mon amoureux pour tomber sur des scènes particulières ! Comme : de faillir trébucher sur un faon endormi, de voir un serpent s’être disloqué la mâchoire pour avaler une grenouille, un faucon ayant attrapé dans ses griffes un merle, une chouette blessée et deux blaireaux à deux, trois mètres de lui !

Pour finir cet article, quelques infos que je trouve intéressantes à partager autour de la course à pied :

Je ne saurais trop vous conseiller l’excellent film de Pierre Morath « Free to run » sorti en 2016 https://www.youtube.com/watch?v=Ml8ADTP6BNc que j’ai regardé avant d’écrire cet article ! C’est ainsi que j’ai découvert avec stupeur que de courir n’était pas un acte anodin et avait eu (et a encore) des répercussions politiques, sociétales importantes touchant à la liberté individuelle, l’évolution de la société occidentale, le rapport entre l’individualisme et la masse et la place des femmes ou toute autre minorité dans une société.  

Que ce n’est que depuis 1967 que les femmes ont le droit de courir de longues distances grâce au combat de Karine Switzer 

https://www.letemps.ch/sport/kathrine-switzer-course-pied-un-phare-legalite

Quand courir était interdit aux femmes 

https://www.letemps.ch/images/video/societe/courir-etait-interdit-aux-femmes

Histoires de vie autour de la course à pied :

« Je sue donc je suis » https://www.letemps.ch/societe/2017/05/02/sue-suis-1

« J’aime les courbatures d’après course » https://www.letemps.ch/societe/jaime-courbatures-daprescourse

« Quand courir permet de travailler, de survivre » :  https://www.letemps.ch/sport/nepal-montagne-ascenseur-social

Ceux qui n’aiment pas la course à pied :

« Jamais je ne connaîtrais le point G de la course à pied » : https://www.letemps.ch/sport/jamais-ne-connaitrai-point-g-course-pied

(…) « Du coup, les langues se sont déliées. « C’est devenu une nouvelle religion, avec sa table de lois » disent certains. « C’est une ridicule addiction. J’attends le moment où l’OMS déclarera la course à pied aussi dangereuse que la viande rouge », disent d’autres. « Ce sont les prémices concrètes du transhumanisme, cette obsession du corps toujours améliorable, de l’être humain indéfiniment perfectible » (…)

Les courses secrètes, vous connaissez ?

https://www.letemps.ch/societe/courses-secretes-pied-nez-underground-running-masse

C’est un contre-pied à l’histoire de la course à pied. Pour se démarquer des événements de masse, tel le gigantesque marathon de New York auquel 52 000 personnes ont pris part lors de l’édition 

2018, des collectifs de runners organisent dans des grandes villes européennes ou américaines des courses « clandestines »

Voici les déterminants physiologiques pour courir un marathon en moins de deux heures !

https://www.letemps.ch/sport/parabole-cout-energetique-course-pied

Physiologiquement, courir un marathon en moins de deux heures semble possible. Les valeurs des déterminants physiologiques du marathon mesurées chez des athlètes d’élite sont compatibles avec ce niveau de performance. Les qualités physiques essentielles pour atteindre cet objectif : des valeurs entre 70 et 85 mlO2/kg/min de consommation maximale d’oxygène ou V’O2max (l’habilité à transporter et à utiliser l’oxygène au niveau musculaire pour produire l’énergie nécessaire à la contraction musculaire), une capacité à maintenir des vitesses entre 85-90% de la V’O2max pendant plus d’une heure, et enfin une économie de course exceptionnelle.

C’est surtout cette dernière caractéristique, liée à la capacité du coureur à dépenser moins d’énergie par kilomètre parcouru (définie aussi comme le coût énergétique de la course mesuré en mlO2/kg/km ou en J/kg/m), associée à une petite taille, à une enfance passée à haute altitude et avec une activité physique journalière importante, qui déterminerait le profil idéal du coureur qui sera capable d’atteindre la limite des deux heures.

Et pour finir :

Pourquoi a-t-on besoin d’expliquer systématiquement pourquoi une femme a fait une meilleure performance qu’un homme ? 

https://www.letemps.ch/sport/rapide-un

Excusez mes sources, elles proviennent exclusivement pour l’instant du journal suisse Le temps  https://www.letemps.ch  car je m’y suis abonnée tout récemment parce que j’aime bien ce journal !

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